Backdoor gouvernemental: Apple refuse d’obtempérer

La déclaration est audacieuse: dans un communiqué émit hier soir, la compagnie de Cupertino a carrément refusée de créer un backdoor (une porte dérobée, ou plutôt un passe-partout permettant un accès illimité et subreptice) dans son système de cryptage de messagerie sur iOS, le système d’exploitation qui se trouve sur l’ensemble des portables, tablettes et téléphones d’Apple. Le prétexte de l’État? Une décision de la cour fédérale étasunienne en lien avec le massacre de San Bernardino de décembre dernier.

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Je veux un accès direct, sans mandat, aux données de Bob Paulson de la GRC

Le 25 novembre dernier, le commissaire de la GRC, Bob Paulson, 57 ans, a annoncé son désir d’accéder sans mandat aux renseignements personnels des utilisateurs du Web au Canada. On peut lire dans un article de La Presse à ce sujet:

Le commissaire de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), Bob Paulson, a affirmé, mercredi, que les forces policières devraient avoir accès aux renseignements personnels de base des abonnés de services Internet sans mandat afin de traquer plus efficacement les prédateurs sexuels et les autres criminels qui sévissent en ligne.

«Je suis pour l’accès sans mandat aux informations de l’abonné», a dit M. Paulson lors d’une conférence sur la sécurité, en comparant le processus à son passé de policier, où il faisait la saisie des données des plaques d’immatriculation.

Or, ce genre de pratique est tout à fait illégale et va entièrement à l’encontre des droits et libertés des citoyens du Québec et du Canada. Ce que cette sortie publique insinue, c’est que techniquement tous les citoyens sont des criminels ou des terroristes potentiels (et les définitions de « criminels », « terroristes » ou « menace à la nation » restent très floues pour eux) et que la police doit avoir accès à leurs informations privées pour mieux les protéger. Ce qui fait, évidemment, sursauter la Cour et les médias.

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Attentats à Paris: notre passage à La sphère de Radio-Canada

Jean-Philippe Décarie-Mathieu et Benoît Gagnon étaient tous deux les invités de Matthieu Dugal à l’émission La sphère de la première chaîne de Radio-Canada, plus tôt aujourd’hui.

Le thème de l’émission: les récents attentats de Paris et l’univers technologique qui les entourent (médias sociaux, communications, surveillance).

Il est devenu pratique courante de voir un gouvernement réagir à de telles atrocités en augmentant les programmes de surveillance de masse et l’écoute informatique. Les États-Unis, le Canada, l’Angleterre et la France l’ont tous fait au cours des dernières années. Jean-Philippe et Benoît discutent des outils qui existent pour protéger notre vie privée et de pourquoi le cryptage est aujourd’hui plus nécéssaire que jamais dans la société.

Au tour du directeur de la CIA de se faire pirater

Le directeur de la CIA, John Brennan, est dans un grave embarra alors que Wikileaks vient de mettre la main sur le contenu d’un de ses comptes courriel contenant de vastes quantités d’informations sensibles et confidentielles.

Le compte AOL en question aurait été piraté via “ingénierie sociale” par un groupe de trois personnes, dont une, disant ne pas encore avoir 20 ans, s’est confiée au magazine WIRED plus tôt cette semaine. “Teen Who Hacked CIA Director’s Email Tells How He Did It

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The Drone Papers: la surveillance électronique au coeur des campagnes d’assassinats signées Obama

L’équipe de The Intercept (Jeremy Scahill, Glenn Greenwald) vient de publier “The Drone Papers”, un dossier coup-de-poing qui documente et dénonce les campagnes d’assassinats commandés de l’administration Obama.

“The Intercept has obtained a cache of secret documents detailing the inner workings of the U.S. military’s assassination program in Afghanistan, Yemen, and Somalia. The documents, provided by a whistleblower, offer an unprecedented glimpse into Obama’s drone wars.”

Basés sur des documents officiels Top Secret du gouvernement américain, les Drone Papers révèlent que l’armée américaine utilise des drones (avions téléguidés sans pilote) pour intercepter les communications de ses cibles (souvent avec très peu de précision), puis se fie sur l’emplacement des téléphones interceptés pour larguer des bombes, tuant une forte majorité de civils au passage. L’imprécision des frappes est alarmante: près de 9 victimes sur 10 de ces attaques sont innocentes et catégorisées comme “dommages collatéraux”. Dans un des pays en particulier, 35 frappes ciblées on tué 219 civils. 178 autre frappes sont documentées entre 2011 et 2015 au Yémen et en Somalie seulement. Les statistiques démontrent que les bombardements par drones sont près de 10 fois moins précis que ceux par avion traditionnel.

De plus, les services armés américains semblent avoir développé une dangereuse dépendance envers ce qu’ils appellent les “signals intelligence”, soit l’accumulation de données via la surveillance numérique.

“In undeclared war zones, the U.S. military has become overly reliant on signals intelligence, or SIGINT, to identify and ultimately hunt down and kill people. The documents acknowledge that using metadata from phones and computers, as well as communications intercepts, is an inferior method of finding and finishing targeted people. They described SIGINT capabilities in these unconventional battlefields as “poor” and “limited.” Yet such collection, much of it provided by foreign partners, accounted for more than half the intelligence used to track potential kills in Yemen and Somalia. The ISR study characterized these failings as a technical hindrance to efficient operations, omitting the fact that faulty intelligence has led to the killing of innocent people, including U.S. citizens, in drone strikes.

The source underscored the unreliability of metadata, most often from phone and computer communications intercepts. These sources of information, identified by so-called selectors such as a phone number or email address, are the primary tools used by the military to find, fix, and finish its targets. “It requires an enormous amount of faith in the technology that you’re using,” the source said. “There’s countless instances where I’ve come across intelligence that was faulty.” This, he said, is a primary factor in the killing of civilians. “It’s stunning the number of instances when selectors are misattributed to certain people. And it isn’t until several months or years later that you all of a sudden realize that the entire time you thought you were going after this really hot target, you wind up realizing it was his mother’s phone the whole time.”

Parmi les autres révélations: les assassinats sont spécifiquement approuvés par Président Obama et son équipe à partir de la Maison Blanche.

“Drones are a tool, not a policy. The policy is assassination.”

Ces campagnes d’assassinats sont dénoncées depuis longtemps à travers le monde, mais jusqu’à ce jour aucun document officiel n’avait été rendu publique afin de prouver hors de tout doute leur existence dans les moindres détails. Leur justification légale demeure un mystère. La source, un nouveau lanceur d’alerte qui n’est pas Edward Snowden, demeure pour le moment confidentielle.

Scahill commente:

“The corporate coldness of the way that these documents reflect what is actually a process of systematically hunting down and assassinating human beings should send chills through the spine of people who care about democracy in this society.”

Tous les détails dans The Drone Papers:
https://theintercept.com/drone-papers