Un projet de loi pour protéger les « whistleblowers » québécois

Initiative intéressante de la députée solidaire Manon Massé qui déposait hier un projet de loi qui a pour but d’encadrer et de protéger légalement les lanceurs d’alertes désirant dénoncer des agissements ou des situations irrégulières dans le milieu privé:

Il prévoit la création d’un poste de Commissaire à l’intégrité. Cette instance aurait des pouvoirs d’enquête et pourrait permettre aux dénonciateurs d’être soutenus et conseillés dès le départ, postule-t-on.

Tout le poids de la dénonciation ne reposerait donc pas sur les seules épaules des dénonciateurs, explique un interlocuteur du Soleil. Grâce à ce commissaire, les témoins d’irrégularités pourraient compter sur «un accompagnement juridique».

Contrairement à tous les projets dont il a été question ces dernières années, celui de Québec solidaire a l’ambition de protéger les dénonciateurs oeuvrant dans le secteur privé.

Compétition ‘capture the flag’ @ GeekFest

Le GeekFest organise une compétition de style CTF (« Capture the flag ») le week-end du 7 et 8 novembre 2015 au Collège de Maisonneuve:

Le but? Résoudre des problèmes simples de sécurité informatique, seul ou en équipe. Les épreuves seront toutes disponibles en même temps, de sorte que les participants pourront les attaquer dans l’ordre de leur choix.

Il s’agit ici d’une introduction et non d’une compétition professionnelle. Elle vise à initier les gens au hacking de façon ludique. Amenez votre ordinateur portable pour pouvoir profiter de l’activité.

Ce genre d’événement est une excellent occasion d’en apprendre sur la sécurité (l’insécurité?) informatique dans un environnement convivial et de profiter des possibilités de mentorat. Au plaisir de vous y voir!

(Merci à Jonathan Milter du rappel!)

Astérix s’allie à Julian Assange dans « Le Papyrus de César »

Les héros gaulois Astérix et Obélix sont de retour dans le tout nouvel album “Le Papyrus de César”, trente-sixième épisode de la populaire bande dessinée.

L’histoire tourne autour de la collaboration entre Astérix et un nouveau personnage de la série: le journaliste sans frontières Doublepolémix. Ce personnage, que les auteurs voulaient d’abord appeler Wikilix, est directement inspiré de Julian Assange, fondateur de Wikileaks. Il combat le contrôle et la manipulation de l’information de César et de son empire romain.

C’est une brillante façon pour la série Astérix d’effectuer un retour en s’inscrivant dans l’actualité internationale des temps modernes, tout en conservant la trame originale du combat contre l’empire romain.

Astérix: Le Papyrus de César, lancement 22 octobre 2015.

Au tour du directeur de la CIA de se faire pirater

Le directeur de la CIA, John Brennan, est dans un grave embarra alors que Wikileaks vient de mettre la main sur le contenu d’un de ses comptes courriel contenant de vastes quantités d’informations sensibles et confidentielles.

Le compte AOL en question aurait été piraté via “ingénierie sociale” par un groupe de trois personnes, dont une, disant ne pas encore avoir 20 ans, s’est confiée au magazine WIRED plus tôt cette semaine. “Teen Who Hacked CIA Director’s Email Tells How He Did It

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The Drone Papers: la surveillance électronique au coeur des campagnes d’assassinats signées Obama

L’équipe de The Intercept (Jeremy Scahill, Glenn Greenwald) vient de publier “The Drone Papers”, un dossier coup-de-poing qui documente et dénonce les campagnes d’assassinats commandés de l’administration Obama.

“The Intercept has obtained a cache of secret documents detailing the inner workings of the U.S. military’s assassination program in Afghanistan, Yemen, and Somalia. The documents, provided by a whistleblower, offer an unprecedented glimpse into Obama’s drone wars.”

Basés sur des documents officiels Top Secret du gouvernement américain, les Drone Papers révèlent que l’armée américaine utilise des drones (avions téléguidés sans pilote) pour intercepter les communications de ses cibles (souvent avec très peu de précision), puis se fie sur l’emplacement des téléphones interceptés pour larguer des bombes, tuant une forte majorité de civils au passage. L’imprécision des frappes est alarmante: près de 9 victimes sur 10 de ces attaques sont innocentes et catégorisées comme “dommages collatéraux”. Dans un des pays en particulier, 35 frappes ciblées on tué 219 civils. 178 autre frappes sont documentées entre 2011 et 2015 au Yémen et en Somalie seulement. Les statistiques démontrent que les bombardements par drones sont près de 10 fois moins précis que ceux par avion traditionnel.

De plus, les services armés américains semblent avoir développé une dangereuse dépendance envers ce qu’ils appellent les “signals intelligence”, soit l’accumulation de données via la surveillance numérique.

“In undeclared war zones, the U.S. military has become overly reliant on signals intelligence, or SIGINT, to identify and ultimately hunt down and kill people. The documents acknowledge that using metadata from phones and computers, as well as communications intercepts, is an inferior method of finding and finishing targeted people. They described SIGINT capabilities in these unconventional battlefields as “poor” and “limited.” Yet such collection, much of it provided by foreign partners, accounted for more than half the intelligence used to track potential kills in Yemen and Somalia. The ISR study characterized these failings as a technical hindrance to efficient operations, omitting the fact that faulty intelligence has led to the killing of innocent people, including U.S. citizens, in drone strikes.

The source underscored the unreliability of metadata, most often from phone and computer communications intercepts. These sources of information, identified by so-called selectors such as a phone number or email address, are the primary tools used by the military to find, fix, and finish its targets. “It requires an enormous amount of faith in the technology that you’re using,” the source said. “There’s countless instances where I’ve come across intelligence that was faulty.” This, he said, is a primary factor in the killing of civilians. “It’s stunning the number of instances when selectors are misattributed to certain people. And it isn’t until several months or years later that you all of a sudden realize that the entire time you thought you were going after this really hot target, you wind up realizing it was his mother’s phone the whole time.”

Parmi les autres révélations: les assassinats sont spécifiquement approuvés par Président Obama et son équipe à partir de la Maison Blanche.

“Drones are a tool, not a policy. The policy is assassination.”

Ces campagnes d’assassinats sont dénoncées depuis longtemps à travers le monde, mais jusqu’à ce jour aucun document officiel n’avait été rendu publique afin de prouver hors de tout doute leur existence dans les moindres détails. Leur justification légale demeure un mystère. La source, un nouveau lanceur d’alerte qui n’est pas Edward Snowden, demeure pour le moment confidentielle.

Scahill commente:

“The corporate coldness of the way that these documents reflect what is actually a process of systematically hunting down and assassinating human beings should send chills through the spine of people who care about democracy in this society.”

Tous les détails dans The Drone Papers:
https://theintercept.com/drone-papers